CMP Houdeng : elles ouvrent un cabinet de pédicurie à Fedasil !

    CMP Houdeng : elles ouvrent un cabinet de pédicurie à Fedasil !

    Elles ouvrent un cabinet de pédicurie à Fedasil !

     

    Ca râpe, ça lime, ça sent l’émollient, le dissolvant, le café aussi… On rit. On parle toutes les langues. Le cabinet de soins vient d’ouvrir!

    Stop les ongles incarnés, les durillons, les bobos aux orteils causés par les mauvaises chaussures, les heures de migrance sur les routes du monde, depuis la Syrie ou l’Afg,hanistan…

     

    Chaque jeudi matin, 9 étudiantes de terminale en pédicure spécialisée de Format21 d’Houdeng arrivent avec leur valise, leur repose-pied, leurs outils et produits, leur tablier, leur méticulosité, leur savoir-faire, leur douceur et leur sourire.

    Grâce à la Province de Hainaut, les 225 résidents du centre Fedasil de Morlanwelz peuvent désormais bénéficier de soins des pieds appropriés, gratuits, sur rendez-vous, dans le local des animations de cet ancien hôpital pour mineurs, reconverti en centre d’accueil pour demandeurs d’asile.

    «Nos résidents sont des personnes en souffrance qui ont besoin de soins appropriés», témoignent Amandine, l’animatrice et Natacha, l’éducatrice.

     

    Empathie, dextérité, ouverture d’esprit

     

    «Nous sommes des soignants d’abord. Nos étudiantes complètent un carnet de liaison et travaillent en collaboration avec l’équipe médicale de Fedasil, pour le suivi des traitements», explique Dominique Ost, professeur de pédicurie spécialisée à Format 21.

    Le soin des pieds dure environ une heure, selon les cas. La désinfection du matériel une demi- heure. Le temps de tisser une relation intime avec le patient, de prodiguer des soins et des conseils, malgré le barrage linguistique.

     

    Dépasser le barrage de la langue

    «Une application m’a permis de traduire en arabe le mot diabète et de demander au patient s’il avait des allergies », explique une étudiante. «J’ai détecté une douleur, une radio permettra de détecter si on est en présence d’une fracture de stress », témoigne une autre. « Une reconstruction totale d’un ongle a été nécessaire. Il y a un hématome sous l’ongle», explique Laurence, infirmière ¾ temps à Erasme.

    «Des rayures noires sur un ongle sont normales chez les sujets de type africain, alors que sur un Européen, c’est plutôt un signe pathologique», fait observer l’enseignant.

    « Les pieds, c’est important! On est dessus dès qu’on se lève et souvent on les néglige, on les essuie mal, et quand on est âgé, on éprouve souvent des difficultés pour se pencher et s’en occuper. J’aime les pieds, j’espère en faire ma profession», explique Wahbia qui s’est occupée d’une Congolaise qui l’a serrée dans ses bras comme si elles étaient sœurs : «Nous sommes sœurs d’Afrique, c’est normal». «On a un métier avec une satisfaction immédiate, c’est gratifiant», témoigne Angélique.

     

    Les 9 étudiantes sont adultes

    «Souvent elles veulent s’installer comme indépendante. Une étudiante de 64 ans a été engagée au Village N°1 Reine Fabiola où elle avait satisfait lors de son stage. J’ai des élèves de 19 à 55 ans en reconversion, une institutrice, une employée de grande surface, une esthéticienne, une infirmière, une coiffeuse qui souhaite acquérir une nouvelle compétence. A l’école, nous soignons aussi des personnes en situation de handicap ou en grande fragilité socio-économique. Nous nous rendons également dans les unités de soins des hôpitaux de la région. La formation dure 2 ans, à raison de 2 jours par semaine, des stages et une épreuve intégrée et débouche sur un certificat paramédical européen qui peut être complété par un cours de gestion à Format 21», ajoute Dominique Ost.

     

    Une parenthèse de bien-être

    L’odeur du café agrémente la rencontre, ainsi que les petits biscuits mis à disposition de tous dans le local chauffé. «Cela m’a fait tellement du bien », remercie cette résidente.

    «Je n’étais jamais venue ici, alors que je passe tous les jours devant, c’est une bonne expérience, d’autant qu’une animatrice et une éducatrice nous ont expliqué le fonctionnement du centre d’accueil», témoigne Océane.

    Une expérience professionnelle et humaine incomparable.

    "Ce type de collaboration est en phase avec nos valeurs. L'humain d'abord", ajoute la présidente de Format 21, la Députée provinciale Fabienne Capot.