Témoigner pour lutter contre le harcèlement

    Le harcèlement à l'école, une triste réalité qui empoisonne le quotidien de nombreux jeunes. C'est pour lutter contre cette violence que Virginie Monk est venue rencontrer les élèves de l'école provinciale de nursing, l'IESPP Mons. Elle leur a raconté le calvaire de sa fille, victime de harcèlement à l'école, qui a mis fin à ses jours.
    "Emilie Monk - Rester Fort". Ce témoignage poignant et intime, publié à titre posthume, relate le calvaire d'Emilie, jeune adolescente française, harcelée pendant plusieurs années au sein de son école.

     

    Emilie Monk Rester Fort

     

    " Petite, Emilie était une enfant joyeuse. pleine de vie, relate sa maman. Le souci c'est qu'elle ne nous a jamais parlé de ce qu'elle subissait au collège. Les rasions sont toujours les mêmes pour les victimes. Elle ne voulait pas nous inquiéter, elle avait peur des représailles. Elle s'est ainsi enfermée progressivement dans une phobie scolaire. Elle a suivi des cours par correspondance mais sa dépression a quand même empiré. Elle a été hospitalisée à plusieurs reprises. Le suivi et les traitements de qualité n'ont malheureusement pas suffi à lui redonner goût à la vie. Emilie s'est sucidée le 19 décembre 2015 ".

    Depuis ce jour, Virginie se rend dans les écoles à la rencontre des élèves pour briser le silence qui pèse sur le harcèlement scolaire, contre lequel l'enseignement organisé par la Province de Hainaut lutte d'ailleurs depuis maintenant un an dans ses établissements secondaires par le biais de différentes actions récurentes. Ce témoignage en fait partie.

    " Les jeunes que je rencontre ont eux-mêmes des témoignages à livrer ", ajoute Virginie Monk. " L'histoire de ma fille leur parle. Soit directement ou soit parce qu'ils ont un ami, un frère ou une soeur qui en est victime. C'est l'occasion de les faire parler sans crainte, de libérer ce qu'ils ressentent ".

    Ilona, 17 ans, élève à l'IESPP de Mons, réagit à l'intervention de la maman : " On sait que cela existera toujours mais on peut faire le maximum pour être attentif au phénomène autour de nous, repérer les signes, aider un ami en classe".

    L'école montoise agit dans la durée contre cette forme de violence. En classe mais pas uniquement. Nadège Vandamme, enseignante à l'initiative de l'unique venue en Belgique de Virginie Monk : " En tant que prof dans le secondaire, nous ne sommes avec les élèves que 3 ou 4 heures par semaine. Ce n'est pas assez pour détecter un cas de harcèlement. Les élèves sont 5 jours sur 7 ensemble". Les équipes pédagogiques ont donc mis en place une équipe de prévention par les pairs. Nous outillons nos élèves pour qu'ils puissent détecter une situation de mal-être, de harcèlement, de cyberharcèlement. Ils peuvent ainsi venir échanger directement avec nous".

    L'école a également équipé ses élèves de l'application numérique Cyberhelp. "Et puis, il y a tout le côté humain et social qu'on tente d'apporter en classe, avec de la théorie, des témoignages, comme aujourd'hui; des actions ponctuelles dans l'école tout au long de l'année".

    Dénoncer cette violence, inciter les jeunes et les enseignants à en parler; c'est également le souhait de la maman d'Emilie qui ne cesse de porter le témoignage de sa fille afin d'éviter que cela ne se reproduise chez d'autres adolescents.