Dans le cadre du projet « Mémoire » de l’IPES Ath, les élèves du premier degré s’apprêtent cette semaine à guider des élèves de primaire au cœur de l’exposition « Anne Frank. Une histoire d’aujourd’hui ».
Après les expositions des années précédentes « Les enfants de la résistance » et « Ginette Kolinka », cette fois, nos élèves découvrent l’histoire d’Anne Frank, une adolescente de leur âge qui a vécu l’enfer de la guerre et de la déportation juive.
Manoa Ascoli, élève de 2e année, explique comment il s’est préparé à guider les élèves du primaire dès ce 26 janvier jusqu’au 7 février prochain : « On a fait des recherches sur ordinateur pour apprendre une partie de l’histoire d’Anne Frank et l’étudier. Et quand on a reçu l’exposition, on a pris connaissance de tous les panneaux pour, au final, en sélectionner un ou deux que nous devons maitriser pour les expliquer aux élèves de primaire, lors de leur visite ».
Le début de l’exposition plonge le visiteur au sein de la famille d’Anne Frank, avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.
Mathis présente un panneau : « Anne Frank est ici à l’école ». Et il pose d’emblée une première question : « Avez-vous déjà entendu parler d’elle ? « Oui, elle a connu la guerre et elle a dû se cacher. Elle est juive. »

Tout au long de l’exposition, les élèves qui animent la visite guidée vont poser des questions aux élèves du primaire afin qu’ils captent tous les moments essentiels de l’exposition pour bien cerner cette histoire qui, malheureusement, se reproduit aujourd’hui en Ukraine, à Gaza....
La famille Frank est Allemande depuis des générations et s’est résignée à quitter l’Allemagne pour les Pays-Bas dès 1932, année où le parti national socialiste (NSDAP) commence à monter en puissance affirmant que les juifs sont responsables de la misère et chômage.
Anne Frank suit sa scolarité à Amsterdam dans une école Montessori, tandis que son père, Otto, va monter son entreprise Opekta, spécialisée dans la préparation de confitures.
En 1935, les lois raciales sont promulguées en Allemagne. Hitler crée la race supérieure aryenne et les juifs se voient imposer toute une série de restrictions. Pour empêcher l’affaiblissement de cette race, Hitler ordonne l’euthanasie des handicapés. Les noirs et les tsiganes sont aussi poursuivis, ils sont stérilisés ou subissent des expériences médicales.
Lors de la « Nuit de Cristal » en 1938, les magasins et synagogues sont détruits, plus de 30.000 juifs sont arrêtés et internés dans des camps de concentration.
Le 1 septembre 1939, l’armée allemande envahit la Pologne puis la guerre débute à l’ouest en 1940.
Dans ce contexte de guerre, Anne Frank reçoit un journal intime à son 13e anniversaire. Elle va se confier à son journal, avec ce rêve de devenir un jour journaliste ou écrivaine.
Lily Fouret, élève de 2e année présente le panneau « La cachette idéale » : « De 1942 à 1944, l’annexe de l’entreprise Opekta est l’endroit dans lequel la famille Frank va se cacher avec d’autres connaissances proches ».
Lily nous confie : «J’avais entendu parler de l’histoire d’Anne Frank mais pas en profondeur. Grâce à cette exposition, j’ai découvert l’histoire de l’annexe et la déportation dans les camps. Si on m’offrait un journal, j’expliquerais aussi tout ce qui se passe dans ma vie mais je n’aurais pas eu l’idée de le publier ».
Mais le 1 août 1944, Anne rédige son journal pour la dernière fois. Trois jours plus tard, la famille Frank est arrêtée et envoyée en camp de concentration et d’extermination.
Après Westerbork et Auschwitz, Anne et sa sœur, Margot, sont transférées à Bergen-Belsen où elles décéderont du typhus. Leur père, Otto Frank, est le seul survivant, leur mère étant décédée de désespoir à Auschwitz.
Il récupère le journal d’Anne et réalise son souhait, celui de l’éditer. Appelé d’abord « L’annexe », puis connu actuellement sous le nom du « Journal d’Anne Frank », il a été vendu à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde.

Cette histoire ne peut faire que réagir. S’immerger dans la vie d’une fille qui vit la guerre, le nazisme, la peur au quotidien est une étape essentielle du devoir de mémoire que l’IPES Ath souhaite prodiguer aux élèves.
Orlane Lalie, Robin Bergeret et leurs comparses sont prêts à guider l’exposition « Anne Frank » et à être des passeurs de mémoire auprès des primaires.

Et le projet « Mémoire » de l’école ne s’arrête pas là ! Les élèves du premier degré iront prochainement voir le film « Les enfants de la résistance » au cinéma et partiront trois jours à Anvers pour découvrir, entre autres, la caserne Dossin et le fort de Breendonk.

