Classes flexibles

Classe flexible tournage

 

>>> Des espaces flexibles pour améliorer les performances scolaires. Un projet qui a vu le jour en septembre 2018 au LPST !!!

 

La tendance des classes flexibles nous vient tout droit des Etats-Unis et du Canada. Elle se répand de plus en plus dans nos écoles, essentiellement dans le fondamental. Au Lycée Provincial des Sciences et Technologies de Soignies, on tente l’expérience dans les classes de 1ère et 2è secondaires depuis cette rentrée.

La classe dite « flexible » s’adapte aux besoins des élèves pour favoriser concentration et apprentissage. « C’est la possibilité pour l’élève et, en cascade, le prof, de choisir l’assise et la position de travail qui lui conviennent le mieux. Il peut changer toutes les 20 minutes durant l’heure de cours ». C’est ce que nous explique Virginie LAGO LAGO, prof de français au LPST, à l’initiative du projet, avec sa collègue Rossana TASCA. « J’y songeais depuis un certain temps », ajoute-t-elle. « J’ai puisé l’inspiration sur les blogs des instits primaires et de maternelle ». Elle reconnaît que ses collègues du fondamental font preuve de créativité en la matière.

 

Mais comment se présente une salle de cours flexible ?
« Les tables sont disposées en îlots pour favoriser les interactions entre élèves, l’entraide, le travail en ateliers et les pédagogies collaboratives », précisent les deux jeunes collègues. En outre, la classe flexible met à disposition un matériel hors du commun adapté au profil de l’élève :
- Coussins dynamiques
- Tipi pour s’isoler
- Coin lecture sur tatami, poufs, coussins, fatboy ou tapis
- Espace numérique
- Table basse
- Espace créatif
- …

 

 

Adapté à tous les élèves ?
« Nous avons de plus en plus de jeunes à besoins spécifiques », explique Rossana TASCA, qui enseigne le français et le théâtre au premier degré du général. A titre d’exemple, « dans une de mes classes de 2è, sur 12 élèves, 7 présentent des troubles de concentration ou de dyslexie ». Pouvoir changer de poste de travail régulièrement leur permet de se recentrer sur la matière. Les bénéfices semblent également probants pour les élèves qui ne présentent aucun trouble : « au premier degré, ils sont encore trop jeunes pour rester assis, dans la même position, 8 heures d’affilée ».
Par ailleurs, cet environnement prépare à une réalité de travail qui a changé dans certains secteurs professionnels. « Il est temps que l’école s’y adapte ». Dans les bureaux de chez Google, « tout est fait – même à deux pas de chez nous – pour stimuler la créativité des employés : ils bénéficient de salles de détente, de jeux, de cours de yoga, ils peuvent travailler debout sur PC ou installés dans un pouf ». Cela ne les empêche nullement de participer aux changement de notre société.

 

Un investissement de taille
Équiper les locaux de la sorte, les décorer engendrent un certain coût. Les écoles, bien qu’elles le souhaitent, n’ont pas toujours la possibilité de débloquer les budgets à cet effet.
Les enseignants s’investissent donc personnellement pour y arriver. Au LPST de Soignies, Rossana et Virginie y ont mis de leur poche. Mais pas que. Via les réseaux sociaux, elles ont fait appel aux dons de matériel, livres, mobiliers, étagères, ballons d’équilibre… de récup’. Manifestement, c’est un succès ! Les parents, satisfaits de voir leurs enfants évoluer dans cet univers, s’y sont également mis. L’établissement est engagé dans l’Agenda 21, dont les objectifs sont notamment le développement durable.

Un enthousiasme, soutenu par la direction, qui se propage largement dans l’établissement et parmi les autres collègues. « On n’est même pas à ma mi-septembre et tous les locaux de 1ère et 2ème secondaires – 8 au total – sont équipés dans ce sens ou en cours de ».

« Ce que je trouve génial », ajoute Rossana, « c’est l’élan de générosité, cette volonté de travailler différemment et de tenir compte des spécificités des élèves Cela prouve, encore une fois, à quel point nous sommes une école à dimension humaine ».

 

Un + pour les enseignants, aussi !
Au-delà des pratiques collaboratives, recommandées dans le Pacte d’Excellence, « le projet de classes flexibles permet à nos collègues de sentir à quel point ils font partie d’une équipe dynamique, qui se soutient et qui ose changer », souligne Virginie Lago Lago.
Pour Rossana, « le fait de voir des enfants heureux de venir en classe n’a pas de prix. C’est viral. Ils sentent que nous aussi, enseignants, nous sommes heureux d’être là ! ».

 

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